22/02/2004

La mondialisation et ses ennemis, attention à l'arnaque

En écoutant ce matin BFM, je suis tombée sur l’interview de Daniel Cohen, auteur d’un nouveau livre intitulé: La Mondialisation et ses Ennemis. Tout heureuse d’écouter enfin un libéral à la radio, quel ne fut pas mon étonnement de constater que j’avais rarement entendu de personnes aussi anti-mondialistes que lui.
Ce qui est fondamentalement pernicieux dans le livre de Cohen que je ne vais évidemment pas acheter, est qu’il se présente comme un ami de la mondialisation. Le titre ressemble étrangement aux chefs-d’œuvre que sont L’Individu et ses Ennemi, Le Progrès et ses Ennemis, la Société Ouverte et ses Ennemis.   Malheureusement ce n’est pas du tout de cela qu’il s’agit. Donc ne gaspillez pas votre argent, sur cette nouvelle technique de la part des alter-comprenants qui se maquillent en défenseurs de la mondialisation mais ne le sont pas. Je vois bien l’immonde diplodocus utilisant ce livre pour dire : nous sommes ouverts, nous vous encourageons à lire le point de vue de ceux qui sont opposés à nous, et le lecteur n’apprendra rien de différent de ce qu’il lit dans l’immonde.
Cohen fait en effet un sorte de parallèle entre les « mollahs », qui résistent l’ "occidentalisation" du monde et les alter-comprenants qui luttent contre la chimère de l’exploitation des pauvres par le "grand capital". Jusque là, nous sommes d’accord. Mais pour lui, la mondialisation est très dangereuse car elle "impose" sa vision à des personnes qui n’en veulent pas. (ceci revient à dire que quand une entreprise vient s’installer dans un pays pauvre et aide les citoyens à sortir de cette pauvreté en leur donnant du travail, elle impose sa vision !!!)
L’autre problème, selon Cohen est que la mondialisation n’apporte pas le débat au sein des pays en développement. Pour lui, il manque un débat sur le « bien public positif ». C’est-à-dire que ce qui manque à la mondialisation est que les citoyens des pays où s’installent des entreprises n’aient pas le droit de décider comment les produits de cette entreprise seront gérés. En effet, les habitants du tiers-monde auraient un droit légitime sur la propriété des entreprises ; et pourraient par exemple forcer l’entreprise pharmaceutique à offrir ses produits gratuitement ! Pour Cohen, la bonne mondialisation est une mondialisation « citoyenne » où chaque citoyen aurait quelque chose à dire et pourrait décider comment la propriété privée des autres doit être gérée. Ca ne vous rappelle pas quelque chose ? N’y a-t-il pas déjà eu un système où tous les « travailleurs » (où leur représentants) décidaient comment les entreprises devaient fonctionner ?
Cohen oppose ces « biens publics positifs » aux « biens publics négatifs » qui eux ne sont pas « privatisables », comme la distribution de l’eau (qui fonctionne si bien dans les pays pauvres), la police, les assurances, la sécurité sociale, si il y en a…
Résumons, Cohen voudrait abolir la propriété privée des multinationales et la soumettre à un vote « citoyen » et en même temps agrandir des monopoles (les seuls vrais : les monopoles forcés [étatiques]).
C’est évidemment du contraire que les pays pauvres ont besoin.
Daniel Cohen se plaint aussi que certains villages et pays ne profitent pas de la mondialisation. Petite question pour notre grand auteur : est-ce de la faute de la mondialisation que la Corée du Nord n’en profite pas ou est-ce de la faute de la Corée du Nord ? Idem pour l’Iran, le Zimbabwe, Cuba, le Vénézuéla…
Rappelons que la manière de passer d’un pays du tiers-monde vers un pays riche est évidemment le respect de la liberté individuelle, c’est-à-dire : état de Droit (où il peut y avoir une police et justice privée), Propriété Privée, et arrêt de l’intervention étatique dans tous les domaines de la vie et des actions des individus et sociétés.       


Kathy

18:18 Écrit par Kathy Schmurtz et Had | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.